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Le Kama-sutra des demoiselles


La vie extraordinaire des animaux familiers de nos villes et nos campagnes



de Marc Giraud



Robert Laffont


Il y a du loup dans votre chien


Pour bien comprendre le comportement d’un animal domestique, il faut se pencher sur ses ancêtres et ses cousins sauvages, et cela est aussi valable pour la vache que pour l’oie, le chat ou le chien. Nous y reviendrons souvent. Pour bien connaître son chien, il faut donc se rappeler les moeurs des loups. Animal de meute, le loup obéit à une hiérarchie. Quand une proie est tuée, seuls les dominants ont droit à s’en nourrir. Les subalternes n’y accèdent que quand les chefs sont rassasiés. Avec le chien, il faudrait suivre les mêmes règles: les humains déjeunent en premier, ne partagent pas, et font manger le chien ensuite. C’est une des conditions de l’équilibre dans la maison, mais aussi du bien-être de l’animal: celui-ci a gardé un besoin ancestral de hiérarchie, et ne saurait pas comment se situer sans elle. Il ne peut y avoir qu’un chef de meute, le même en toutes circonstances, et cela ne doit pas être lui.
Un dominant s’octroie d’emblée les lieux stratégiques d’où l’on peut tout surveiller. Dans une habitation, c’est généralement le couloir où convergent les pièces. Mettre un chien dans un tel lieu transmet donc un message que nous ne soupçonnons pas forcément: ce que l’on pense être une punition peut être vécu comme une faveur! De même, les places de repos de tous les membres de la famille, enfants compris (lits, fauteuils et canapés), devraient être interdits d’accès aux chiens. Certes, on peut vivre heureux sans respecter ces préceptes, car beaucoup de toutous ont un caractère facile. Mais il peut y avoir des erreurs d’interprétation. Ainsi, un chien qui vous lèche après vous avoir mordu ne demande pas «pardon»: il affirme au contraire sa supériorité. Un autre, qui semble «défendre» le bébé de la famille même contre ses maîtres, le considère en fait comme sa chose. Il vaut mieux éviter.

 


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