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Le monde en 2025


Vu par les experts de l’Union européenne



de  Sous la direction de Nicole Gnesotto et Giovanni Grevi



Editions Robert Laffont
Traduit de l’anglais par Béatrice Bocard

Démographie


La population de la planète devrait passer de 6,4 milliards d’individus en 2005 à 7,9 milliards en 2025 (+ 23,4 %). La croissance démographique sera particulièrement marquée dans les pays en développement d’Afrique subsaharienne (de + 43 à + 48,4 %), du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (+ 38 %), ainsi qu’en Amérique latine (+ 24 %) et en Asie (+ 21 %).
La population de l’ensemble des pays développés restera stable, mais les tendances démographiques varieront considérablement entre les États-Unis  (+ 17,4 %), l’Union européenne (+ 2 %), le Japon ( + 2,6 %) et la Russie  (- 10,8 %). En 2025, l’UE à 27 ne représentera qu’environ 6 % des habitants du globe. […]
En 2030, plus de 60 % de la population de la planète sera citadine. Les taux d’urbanisation seront plus importants dans les pays industrialisés (81,7 %) que dans les pays en développement (57 %). L’urbanisation posera toutefois plus de problèmes dans ces derniers, car le passage des sociétés rurales à des sociétés urbanisées risque de se faire de façon chaotique et déséquilibrée.
L’explosion démographique et urbaine, conjuguée à la dégradation de l’environnement et au réchauffement planétaire risquent de provoquer l’éclosion de « nouvelles » maladies (en fait, de nouvelles souches virales ou des virus endémiques nouvellement identifiés) et la réapparition d’anciennes, ainsi que l’élargissement des zones touchées par des pathologies jusqu’alors circonscrites à certaines régions. L’Afrique et l’Asie sont particulièrement touchées – la première par le sida, le paludisme et la fièvre dengue ; la seconde par la tuberculose et les infections respiratoires. La dengue est actuellement la maladie à vecteur qui se propage le plus rapidement, mais la recrudescence d’infections résistantes aux traitements, comme la tuberculose, constituera un autre danger. Au cours des dix dernières années, les cas de tuberculose ont progressé de 20 % à travers le monde. La maladie a tué entre 1,7 million et 2 millions de personnes en 2004, et 8,8 millions d’individus sont infectés chaque année. Si cette tendance se confirmait, certains experts estiment que 35 millions de personnes pourraient y succomber avant 2025.
Le paludisme et le VIH/sida – qui resteront probablement les infections les plus meurtrières –, avec la tuberculose, tuent 6 millions de personnes chaque année. Ces maladies, ainsi que la dengue, les fièvres, les infections diarrhéiques et respiratoires, entravent l’essor économique de régions entières. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 1,3 % le recul de la croissance dans les zones endémiques du paludisme d’Afrique subsaharienne ; la tuberculose y aurait entraîné une baisse du produit intérieur brut (PIB) de 4 % à 7 %. Les chances de parvenir à inverser ces tendances sont incertaines ; elles dépendent autant des futurs vaccins et traitements prophylactiques que du développement social et économique des régions concernées. Le réchauffement climatique risque en outre de provoquer la migration d’espèces vectrices d’agents infectieux – un phénomène dont il n’est pas possible de prévoir l’ampleur et les retombées. Les nouveaux pathogènes représentent une autre forme de menace. On en identifie un ou deux par an, dont on n’est pas en mesure de prévoir les éventuelles mutations (par exemple la grippe aviaire et le SARS). Ces agents pathogènes, de même que les souches résistantes aux médicaments, peuvent entraîner des risques épidémiologiques susceptibles d’avoir des répercussions économiques directes sur l’agriculture, le commerce et les migrations.

 


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