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couverture
Parution : 18 Août 2005
Format : 135 x 215 mm
Nombre de pages : 432
Prix : 22,50 €
ISBN : 2-221-10209-6
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LE MAÎTRE
   
Colm TÓIBÍN
«À un moment donné, je me suis aperçu qu'un certain Henry James me trottait dans la tête et j'ai eu envie d'ajouter un peu de fiction à la vie de ce grand homme...»
En 1895, à Londres, Henry James présente sa pièce «Guy Domville». L'échec est retentissant. Hué par le public, blessé, il se réfugie en Irlande pour se consacrer à l'écriture d'un roman. C'est cette période douloureuse mais très productive de la vie du Maître que Colm Tóibín a choisi d'explorer. Épousant l'intimité physique, intellectuelle et émotionnelle de l'auteur, il capte avec beaucoup de finesse et de profondeur les tourments d'un homme débordant de vie dans son art, mais dont les tentatives pour approcher ceux qu'il aime échouent immanquablement; d'un homme épris de solitude qui a transformé tous les événements de sa vie intime en événements littéraires.Pour devenir un tel génie, James devait-il nécessairement sacrifier ses émotions au profit de son art? Plus qu'un vibrant hommage, ce roman s'interroge sur le conflit entre création et vie quotidienne dans l'existence d'un artiste.Encensé par la critique, exceptionnellement bien accueilli par le public, traduit en dix-huit langues, «Le Maître», roman le plus ambitieux, le plus abouti et le plus inventif de Colm Tóibín a déjà connu un succès retentissant à travers le monde. Il a été finaliste du Man Booker Prize 2004.
Moi qui étais resté plutôt sourd, voire légèrement allergique, aux premiers écrits de Colm Tóibín, je n'aurais jamais cru tomber sous le charme de son nouveau roman. Et, pourtant, «Le Maître» – excellent portrait de Henry James – a la profondeur et la précision d'une sculpture grecque. Voilà plusieurs décennies que les admirateurs de cet écrivain fascinant et exaspérant devaient en passer par l'imposante biographie de Leon Edel, véritable somme qui tient néanmoins une place de choix chez Tóibín. Aujourd'hui, il est peut-être temps de changer de point de vue et, sans renoncer à quelques attaques critiques, «Le Maître» rend enfin à l'artiste un hommage vibrant. Son histoire repose sur quatre piliers fondamentaux: l'échec, l'évitement, le renoncement et le repli. Au premier abord, l'ensemble n'est peut-être pas très prometteur, mais il caractérise à merveille la vie sans grand relief du célèbre écrivain, son travail empreint d'une puissante dynamique négative et fondé sur l'occasion manquée, l'erreur de jugement, la fêlure de la coupe d'or et cette «bête dans la jungle» qui ne cesse de reculer pour mieux sauter. Le roman s'ouvre sur la pire humiliation publique de James : l'échec cuisant de sa pièce de théâtre. À la première de «Guy Domville», les applaudissements des proches sont vite étouffés par les huées d'un public plus friand de rebondissements et d'émotion que d'échanges apathiques en trois actes. Résultat: James décide de s'en tenir au roman et part se réfugier quelque temps en Irlande, histoire d'échapper aux échos de ses déboires londoniens. Sous la plume de Tóibín, il ne regrette rien mais refuse de considérer le monde comme un matériau littéraire ou une priorité personnelle: désormais en retrait de la politique, de l'histoire et de la sexualité, il se retient d'exprimer la moindre émotion. Son statut d'exilé lui donne l'avantage (et le handicap) d'être «trop conscient... pour pouvoir participer»: il observe les impostures grotesques de la couronne britannique mais, contrairement à sa pauvre soeur Alice, il ne devient pas le chantre de l'anti-impérialisme. Le jour ou un impertinent tente de l'humilier en lui rappelant sa modeste ascendance irlandaise, une femme qu'il croyait être son amie reste muette. Aussitôt, James s'éclipse mais, malgré les attaques des snobs britanniques, il ne trouve toujours aucune valeur à ses origines familiales. De retour à Londres, il renoue avec l'écriture et entend régulièrement parler d'Oscar Wilde. Trop tendu pour assister à sa propre première, il était allé voir une pièce de son «rival» et, ironie du sort, c'est encore une comédie de Wilde qui avait remplacé «Guy Domville» sur la scène du théâtre. Quand l'homme doit à son tour affronter la vindicte publique, James y prête une oreille attentive mais se garde bien d'afficher la moindre satisfaction. «Aurait-il lui aussi des secrets à protéger? se demande Edmund Gosse. Des secrets qui pourraient le pousser à s'exiler en France?» En réalité, lorsqu'il apprend les détails du scandale, James est surtout ému et inspiré par le sort des enfants laissés pour compte. Chez Tóibín, Oscar Wilde joue le même rôle que dans la pièce de Stoppard consacrée à A.E. Housman: il fait office de contrepoids. C'est un papillon autodestructeur, un puissant imago déchiqueté par les griffes de la loi et de la presse, alors qu'en matière d'érotisme les autres restent chrysalides ou simples larves. Tóibín a eu néanmoins le cran et le tact d'introduire une scène d'expérience sexuelle, ce qui est un véritable tour de force, car même James avait du mal à s'imaginer dans le plus simple appareil. Consacré aux cinq années qui verront l'avènement du «Maître», le roman remonte aussi jusqu'à son enfance. En fait, selon Tóibín (et selon peut-être aussi les convictions de son héros), le passé sous-tend chaque instant du présent mais n'a pas pour autant la morne prétention de l'expliquer. Rétrospectivement, Henry James prend toute la mesure d'un égoïsme qui l'a, par exemple, poussé à entretenir des relations asymétriques avec des femmes très intelligentes: certes, il se sentait ému et concerné par leurs besoins, mais il a toujours maintenu envers elles une distance qui lui permettait de les observer tendrement. «Le Maître» atteint des sommets d'excellence lorsqu'il relate la guerre de Sécession, véritable cataclysme soutenu par l'imprévisible Henry James Sr., mais auquel William James (futur philosophe et psychologue de renom) et Henry Jr. réussissent à échapper. De son côté, leur frère cadet, Wilky, part au front, ou il souffrira le martyre. Pourtant, même le jour ou il quitte Boston avec le 54ème régiment (particulièrement réputé pour son vaste contingent de volontaires noirs), William est retenu par une importante expérience de laboratoire, tandis que Henry invoque des douleurs au dos pour ne pas assister à la cérémonie de départ: il vient de retomber dans les travers hypocondriaques dont sa mère s'était jadis rendue complice. Toutefois, l'écriture de Tóibín trouve quelque chose dans l'état d'esprit de James qui soit au-delà de la lâcheté ou de la culpabilité, une idée-force qu'il réussit à nous délivrer en douceur: «Quand les autres s'échauffent le sang, lui reste calme, si calme qu'il en est incapable de lire ou de réfléchir. Bercé par un profond sentiment de liberté, il savoure alors au maximum son étrange tricherie muette: son propre retrait du monde.» Conclusion: d'une certaine manière, sa grandeur d'esprit est finalement une sorte d'infinie modestie. Henry James cherche toujours à éviter les conflits. Ainsi, quand son majordome de Lamb House sombre dans l'alcoolisme, l'écrivain préfère supprimer du menu les soupes et les plats en sauce, autant de mets qui n'auraient pas pardonné le moindre titubement. Par la même occasion, il installe désormais ses invités dos à la porte de la salle à manger pour qu'ils ne remarquent pas la démarche hésitante de Smith. Dans «Le Maître», on est un peu moins convaincu par la façon dont James semble aussitôt transformer en romans des anecdotes de la vie quotidienne. Il observe l'attitude ambiguë d'une enfant qui joue les innocentes («Ce que savait Maisie»). Il entend dire qu'un Américain courtise la petite-nièce d'une maîtresse de Byron, tout intéressé qu'il est par l'héritage littéraire de Shelley («Les Papiers d'Aspern»). En relisant une vieille lettre de son amie Minny Temple, il lui imagine un prétendant qui incarnerait – en plus actif – son propre mélange de dévotion et de trahison («Les Ailes de la colombe»). Grâce à une écriture qui n'appartient qu'à lui, James évite de s'autoparodier et résiste aux mécanismes de la caricature, de Beerbohm à Louis Wilkinson / Marlow, chez qui même une éjaculation dans la bibliothèque d'un gentleman devient «une tache explosivement blanchissante». Tóibín a très bien compris ce qu'il fallait conserver de James et ce qui devait rester de côté. Il lui emprunte son vocabulaire et son registre mais ne le pastiche pas trait pour trait et, surtout, il renonce aux phrases interminables si propices aux effets de style jamesiens: le murmure prophétique, l'impression de scrupules paralysés, l'étalage de subtilité (Mon Dieu, comme il savait s'y prendre pour souligner une nuance!). James était un homme d'esprit, mais ses phrases à rallonge l'étouffaient systématiquement. Avec ses longues tirades, il pouvait jouer, chanter et pérorer comme une baleine en redingote ou bien disparaître sous un nuage d'encre tel un calmar géant de bonne famille puritaine. Nous, avec un peu de chance, nous ne lirons pas ce genre de chose. Dans la mesure ou son écriture est beaucoup plus ténue que l'originale, Colm Tóibín partait forcément désavantagé mais, très vite, il réussit à inverser la tendance et nous livre ici un authentique bijou.
PRESSE

Auteur irlandais reconnu dans le monde entier, Colm Tóibín a été trois fois dans la dernière sélection du Booker Prize. Aux Éditions Robert Laffont, dans la collection « Pavillons », ont été publiés La Coupe d'or (2016), Nora Webster (2016), Le Testament de Marie (2015), La Couleur des ombres (2014), Brooklyn (2011), L'Épaisseur des âmes (2008) et Le Maître (2005).
         
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